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Voix Off #7

Rencontre avec Simon Pégurier


Incontournable acteur de la scène locale, passionné et passionnant, Simon Pégurier partage ses coups de cœur, ses découvertes, donnant la parole à la scène régionale.  Rencontre avec le co-fondateur de l'émission radio indie du 06: “L'Oreille Qui Gratte” qui s’impose depuis des années comme le rendez-vous incontournable du rock local et indépendant.


Qui es-tu, Simon ? 

53 ans, chef de service dans un établissement s’occupant d’enfants déficients intellectuels. Vençois d'origine et de coeur, impliqué dans la politique de ma ville. Et surtout passioné de musique! Depuis toujours, je me nourris de musique, matin et soir.


Comment à commencé ton aventure radio?

L'aventure radio a commencé il y a bien longtemps. A 22 ans, étudiant à la fac de Nice, je me suis mis à organiser des concerts avec mon ami Benoit Belasco. Puis nous avons eu l'opportunité de monter cette émission "L’Oreille qui Gratte" pour mettre en avant les groupes locaux qu’on faisait jouer à la fac, mais aussi pour tous les groupes qu’on aimait et qui n’étaient pas présents sur la bande FM.

Depuis toujours, je me nourris de musique, matin et soir.

Qu'est-ce qui rend spécial votre émission L'Oreille Qui Gratte?

Les sessions acoustique live, bien sûr! Un jour, pratiquement au tout début de l'émission, on a reçu le groupe “Les orteils bleus”, style chanson de rue. Ils ont débarqué avec leurs instruments et joué live dans le studio! On a trouvé ça extraordinaire comme concept, et on l’a gardé!

Après 2 ans chez Clin d'oeil FM, on est passés chez Agora Côte d’Azur, et les émissions se sont succédées pendant 28 ans. Quand j'y pense, c’est complètement fou! Le concept a toujours été de mettre en avant la scène locale, le rock indé, avec des sessions acoustiques en direct.


Vous avez aussi évolué en diversifiant vos canaux de diffusion, n'est-ce pas?

Oui, on a créé il y a environ 8 ans notre blog et web radio, loreillequigratte.com, qui est aujourd’hui notre médium de diffusion principal, avec la chaîne YouTube.

Pour dire toute la vérité, après notre époque étudiante, nous avions arrêté d’organiser des concerts. Mais maintenir le blog et la radio web coûte un peu d’argent. Pour cela, nous nous sommes remis à organiser des concerts, avec grand plaisir, principalement à La Zonmé à Nice. Noël Noël nous a rejoints et il est maintenant notre programmateur.

Les 30 ans de l'émission (MJC Picaud, Cannes)
Les 30 ans de l'émission (MJC Picaud, Cannes)

Qu’écoutais-tu comme musique quand tu étais ado, vu que la bande FM ne passait pas trop ce qui te plaisait?

Heureusement il y avait quelques émissions à l’avant-garde, notamment sur France Inter avec Bernard Lenoir, qui passait la musique que j’aimais.

Les radios passaient beaucoup de chanson française en raison de la loi du quota des 40%, et cela a eu du bon évidemment, ça a permis à quelques chanteurs comme Dominique A. de se faire connaître.


On sent clairement dans ta voix cette passion pour la musique. On dirait que cela vient de loin, ton enfance, ton adolescence peut-être? Raconte-nous! 

Mon papa était fan absolu de musique classique, il écoutait des vinyles, Bach, Beethoven et Brahms... j’ai donc toujours baigné dans la musique, même si je rejetais celle de mes parents. Mais c’est normal!

Mon grand frère écoutait U2, Simple Minds, ça a été ma porte d'entrée à la musique rock, bien que j'ai préféré la cold wave. Et puis j'ai écouté les nouveautés The Cure, The Smiths… Au lycée je suis revenu dans le passé et j'ai découvert le Velvet Underground qui reste aujourd’hui encore mon groupe préféré. Ensuite, les années 90, avec Pixies, Sonic Youth…

Des vinyles de musique classique de mon père, au découverte du collège et lycée... J'ai toujours baigné dans la musique

Je dois ici mentionner Gilbert (ndlr Gilbert Tau, tragiquement disparu en 2023) qui était mon "découvreur", je lui dois beaucoup. Depuis sa disparition, je n’écoute plus de nouveautés, je redécouvre ce que j’ai déjà en stock et en fait, les nouveautés pour moi, c’est la scène locale.

Interview de Simon Pégurier (La Vida Music, Antibes)
Interview de Simon Pégurier (La Vida Music, Antibes)

Pourquoi es-tu particulièrement attiré par le style “indie”?

Le Shoegaze, My Bloody Valentine… j'aime les morceaux longs et dissonants, les pédales, les atmosphères, même Neil Young à une époque. J'aime le côté caché, les musiciens qui regardent leurs pieds… 

Le premier vinyle que j’ai acheté “The Queen is dead” des Smiths - qu'est-ce qui se serait passé si j'avais acheté “Modern Talking” à la place, je comprenais pas tout chez les Smiths - c’était un peu intello, triste souvent. Dans le rock que j’aimais il y avait le côté rebelle, un peu pour choquer papa.


Est-ce que tu as eu envie de monter un groupe à l’adolescence, en mode “punk, pourquoi pas moi?”

En tant que journaliste, j'entends des musiciens qui critiquent le fait que je ne sais pas jouer d'un instrument. Et on me l’a souvent reproché, “tu n’as pas le droit, puisque tu ne sais pas jouer!”

Il faut savoir que je suis dyslexique, pataud, maladroit… J'ai pris des cours étant petit, ma mère m’a acheté une guitare. Peut-être un autre instrument aurait été plus adapté, car j'ai vite abandonné la guitare, l'apprentissage était complexe pour en enfant dyslexique comme moi.

Je ne peux pas jouer, mais j’admire les musiciens, ils me font rêver. Benoît c’est pareil, et Noël Noël aussi. On est un “groupe de non musiciens”.

Personellement, je me fous un peu de la technique, c'est qui m'importe c'est que la musique me fasse vibrer.  


Qu’est-ce qui te plaît le plus dans le fait d’interviewer des artistes locaux ou émergents?

Tout d'abord, donner une audience à la scène locale. Il n'y a pas beaucoup de canaux de diffusion pour ces groupes. Et puis reproduire les modèles, les formats de France Inter de ma jeunesse. Je veux vraiment éviter les interviews creux de la bande FM. Moi j'aime les rencontres, la proximité des artistes, les voir évoluer et "grandir".

J'aime les rencontres, la proximité des artistes et les voir évoluer et grandir

Quel est ton regard sur la scène locale ?

Je la trouve franchement très intéressante, ça grouille de partout… Il n'y a pas beaucoup de lieux de diffusion comme je le disais avant, et pourtant parfois il y a 3-4 soirées en même temps! J'ai l'impression qu'en ce moment ça bouge même un peu plus et c'est très encourageant.

J'aime la proximité des artistes, tu les vois grandir. C'est attachant. 


Quels conseils donnerais-tu aux jeunes artistes qui démarrent et pourraient passer un jour dans ton émission ?

Ne pas abandonner. Ne pas baisser les bras. La persévérance est essentielle. 

Et aussi que personne ne fera les choses pour toi, il faut faire pour soi. Pour ne pas avoir de regrets...



Retrouvez ou découvrez Simon Pégurier et toute l'équipe passionnée de L'Oreille qui Gratte sur leur radio web et la chaine YouTube


Et pour d’autres portraits d’artistes et acteurs de la scène locale, rendez-vous sur le blog de La Vida Music.



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